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VOL XXIII No.6 Agriculture de proximité: un engagement social

Chiale, mais chiale égal!

Chiale, mais chiale égal!

18 janvier 2018 par 

C’est bien connu, nous sommes un peuple de chialeux, de critiqueux à tout vent. En hiver, il fait trop froid ou il y a trop de neige. Pour d’autres, il n’y a pas assez de neige pour les sports d’hiver. Au hockey, le Canadien déçoit : parfois, ce sont les joueurs ou le gardien et, d’autres fois, c’est le coach. L’été, c’est trop pluvieux ou trop sec, trop froid ou trop chaud. Au cinéma, le dernier Star Wars soulève les passions : il n’est pas à la hauteur ou c’est le meilleur de la série. Le nouveau téléroman québécois est une révélation ou le flop du siècle. On se chicane sur la place publique à propos de l’immigration, de la religion et on se plaint constamment des services publics. Mais attention, on critique les travailleurs et les travailleuses de première ligne… et non pas, comme il le faudrait, des responsables des ratés du système, les gouvernements.

 

  • L’agricultrice : « On manque de pluie. »
  • L’organisateur de festival en plein air : « Merde encore des orages!!! »

 

  • L’amateur de ski : « On n’a jamais assez de neige. »
  • Les automobilistes : « Y en a marre de cette merde blanche! »

 

  • L’amatrice de hockey : « Ça sent la coupe cette année! »
  • L’amateur de hockey : « Haha, pas avec cet entraîneur… Changeons le gardien… Bande de flancs mous! »

Influence Communication rapporte que la météo occupe plus de place dans nos médias que   l’éducation.

Oui, on s’égosille quelques fois par année sur les grands enjeux, mais la durée de vie d’une nouvelle est d’un jour ou deux. Et après? « Hey, as-tu vu la dernière robe de Céline? Ç’a pas de bon sens! »

Sur les fils d’actualité des réseaux sociaux, c’est la débandade. Plus de 3 000 photos de voitures enneigées, de vedettes ayant perdu 30 kilos en 10 minutes en ne mangeant que du kale au jus de banane.

Imaginons un instant que seulement dix pour cent de plus des thèmes abordés sur la place publique et dans certains médias touchaient la politique, es agissements des politiciens et des politiciennes. Qu’on établissait une sorte de vigile publique. Ce lieu virtuel pourrait éventuellement devenir un incontournable pour améliorer la gouvernance. Les enseignantes, les médecins et même les avocats sont surveillés de près par les internautes sur des sites comme RateMDS. Oui, il existe des plateformes semblables pour les élues et les élus, mais elles n’ont pas de crédibilité ou très peu et, surtout, les gouvernements n’y accordent que très peu d’importance. Néanmoins, il est nécessaire qu’on puisse critiquer ceux et celles qu’on a élus et proposer des solutions entre les élections.

Le problème, c’est qu’on chiale contre les profs par exemple, alors qu’ils et elles font de leur mieux dans le contexte que les gouvernements leur imposent.

Les élues et les élus doivent se sentir observés, traqués… redevables.

 

Complexe sportif Desjardins

Alors que la cathédrale de Rimouski, symbole architectural et patrimonial par excellence, s’écroule, les contribuables devront s’acquitter d’une facture de près de 42 millions de dollars pour quelques patineurs et baigneurs. Non pas que des installations sportives soient inutiles, mais n’y a-t-il pas de meilleures priorités : éducation, santé, démocratie? Les organismes communautaires doivent augmenter la valeur de chaque dollar. Les responsables des programmes sociaux doivent redoubler d’imagination pour éviter que certains bénéficiaires ne tombent entre deux chaises.

À Rimouski, comme dans d’autres municipalités québécoises, un train rempli de produits dangereux traverse le centre-ville plusieurs fois par semaine. Je ne suis pas ingénieur, loin s’en faut, mais avec 42 millions, ne pourrait-on pas construire une voie de contournement pour le train? Ce serait un excellent début en tout cas.

Et pendant ce temps, on jette des miettes à la population en leur demandant de proposer des projets avec un budget participatif de 200 000 $. Le budget 2018 de Rimouski est de 81 200 000 $. Les citoyens devraient assurément pouvoir en gérer une plus grande partie. C’est notre argent après tout!

Mais bon. On chiale, on chiale, mais qui écoute?

 

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