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VOL XXIII No.6 Agriculture de proximité: un engagement social

La nuit porte conseil

La nuit porte conseil

2 juin 2015 par 

Dans Nuits, la réalisatrice, Diane Poitras, part à la rencontre d’une série d’inconnus, photographe ou chauffeur de taxi, à Montréal ou à Rimouski.

La nuit est la preuve que le jour ne suffit pas.– Elizabeth Quin

Il faut toute une nuit pour absorber la densité des instants éphémères et poétiques que présente Nuits, un documentaire québécois réalisé par Diane Poitras, productrice au studio documentaire Acadie de l’ONF. Sa dernière réalisation remontait à L’alchimiste et l’enlumineur en 1997.

Dans Nuits, la réalisatrice part à la rencontre d’une série d’inconnus, photographe ou chauffeur de taxi, à Montréal ou à Rimouski, en été ou en hiver, au coucher du soleil ou au lever… Ces contretemps soulignent la poésie du montage même si ce procédé peut se révéler déroutant, tant les situations et les temporalités se jouent de la narration.

Nuits est avant tout un film contemplatif et c’est ainsi que le spectateur peut l’aborder : un chat noir qui se balade le long d’un buisson, un bébé que l’on entend pleurer depuis une fenêtre ouverte, de petits insectes nocturnes épris d’un amour impossible pour l’ampoule d’un lampadaire, mais surtout un plan digne d’un western sur le quai de la gare de Rimouski.

Deux scènes ont été réalisées à Rimouski grâce à la participation de Guillaume Lévesque (prise de son) et de Geneviève Bélanger-Genest (recherche), tous deux actifs dans le monde du cinéma rimouskois, une collaboration qui valorise les professions du cinéma en région.

Le documentaire aux accents de fiction (une prostituée est jouée par une comédienne) pique la curiosité : que savons-nous de la nuit dans nos villes? Pour certains, c’est le temps de vivre sur un autre rythme. Un camionneur explique que, la nuit, « les pensées peuvent atteindre des profondeurs insoupçonnées. » Pour d’autres, la nuit appartient aux jeunes : « plus je vieillis, plus je me sens étranger à la nuit. »

Sujet cinématographique récurrent, films de fantasmes ou films d’horreur, la nuit symbolise la fougue de la jeunesse, la dépravation, mais aussi les drames et les questionnements sur le sens de la vie. Nuits montre cela, mais aussi un autre état du quotidien, loin des drames romancés du cinéma. Comment vivent les travailleurs de la nuit? Que fait-on la nuit que nous ne faisons pas le jour? Que devenons-nous lorsque la nuit tombe?

Nuits sera présenté le mercredi 27 mai, à 19 h 30, au cinéma Paraloeil de Rimouski. La projection sera précédée de lectures poétiques sur le thème de la nuit, avec Annie Landreville, Jocelyn Pelletier, Isabelle Blouin-Gagné, Rémy Vaillancourt et Cylia Themens.

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