L’expulsion de SPQ libre du PQ

L’expulsion de SPQ libre du PQ

Encore fois les masques sont tombés!
18 mars 2010 par 

En expulsant le club politique Syndicalistes progressistes pour un Québec libre (SPQ libre), l’exécutif du Parti québécois a démontré une fois de plus qu’il n’y pas de place au sein d’une formation à l’idéologie néo-libérale pour tout groupe progressiste qui a la moindre épine dorsale. Cet incident s’est produit au moment même où des militants du PQ participaient, en fin de semaine, à un colloque où les dirigeants, en mal d’attirer des votes adéquistes lors des prochaines générales, leur proposaient que l’enrichissement personnel supplante l’enrichissement collectif.

Cette position, qui constitue un reniement de l’orientation que le PQ professait depuis sa fondation, fait disparaître les quelques différences idéologiques qui subsistaient encore avec le Parti libéral. Au moins les libéraux ne sont pas hypocrites. Ils assument leur orientation néo-libérale et ne prétendent pas, comme la chef Pauline Marois vient à nouveau de le faire, que le parti demeure progressiste. A t’on déjà vu un parti progressiste expulser son seul noyau articulé de militants progressistes qui en plus était fortement minoritaire au sein de la formation?

Ce qui me surprend dans cette affaire c’est que Monique Richard, l’ancienne présidente de SPQ libre maintenant députée, ne se soit pas opposée à l’expulsion pas plus d’ailleurs que l’actuel président du PQ  et ancien député de Joliette, Jonathan Valois qui a défendu la décision de l’exécutif, ainsi que le député Pierre Curzi pour ne nommer que ceux-là.  Ces abstentions en disent long  sur l’état des forces progressistes qui subsisteraient encore dans le parti.

Les syndiqués de la fonction publique présentement en négociations constateront aussi que le préjugé favorable du PQ envers les travailleurs est bel et bien chose d’un passé lointain.

Les militant(e)s de SPQ libre ont donc perdu le pari qu’ils avaient fait en 2004. Qu’ils se consolent car il existe un autre parti souverainiste, celui-là résolument progressiste et tourné vers l’avenir, qui est prêt à les accueillir. Bienvenue à Québec solidaire, camarades, comme aurait chanté le regretté Jean Ferrat.

Paul Cliche, Montréal - 14 mars 2010
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